Ablation par thoracoscopie

Objet

L’ablation par thoracoscopie est une intervention à effraction minimale qui vise à traiter la fibrillation auriculaire (FA), une forme courante d’arythmie, en cas d’échec du traitement médicamenteux. Dans certaines formes d’arythmies, une interruption de la transmission de l’influx électrique entraîne une activation anormale des voies de signalisation.

L’ablation par thoracoscopie se déroule en trois étapes. Grâce à des ondes de radiofréquence (source d’énergie), on commence par détruire les cellules cardiaques excédentaires qui bloquent la transmission du signal électrique. Cette mesure favorise la restauration de la voie de signalisation normale. Deuxièmement, certains nerfs situés autour du cœur sont également détruits. Finalement, on retire une partie du muscle appelé « appendice auriculaire gauche ». Ces diverses étapes contribuent à interrompre les signaux anormaux et à réduire la formation de caillots sanguins.

Description

  1. Avant l’intervention, on effectue à l’hôpital des analyses sanguines, une électrocardiographie, une angiographie, une échocardiographie et, dans certains cas, une tomodensitométrie.
  2. Un membre du personnel infirmier ou un médecin demande au patient de signer le formulaire de consentement éclairé, faute de quoi l’intervention ne peut avoir lieu.
  3. Le patient est emmené sur civière à la salle d’opération cardiaque.
  4. Le patient subit une anesthésie générale et demeure ainsi inconscient durant l’intervention.
  5. De petites incisions (4 à 5 cm) sont pratiquées de chaque côté du torse du patient. Le sternum n’est pas découpé. Un thoracoscope (mince tube muni d’une minuscule caméra à fibre optique) est inséré dans la cage thoracique d’où il transmet des images du cœur en temps réel sur moniteur vidéo.
  6. Des fils et un clamp (pince) de radiofréquence spécialement conçus à cette fin sont alors guidés le long des veines pulmonaires jusqu’à l’endroit où celles-ci rejoignent les oreillettes (cavités supérieures du cœur). Les ondes de radiofréquence, transmises par le clamp, permettent de créer du tissu cicatriciel à l’endroit où les veines rejoignent les oreillettes, de façon à bloquer la voie de signalisation anormale.
  7. On utilise également une petite sonde de radiofréquence, en forme de stylo, pour détruire plusieurs petits réseaux de nerfs situés à l’extérieur du cœur.
  8. On se sert d’une agrafeuse miniature pour retirer l’appendice auriculaire gauche de façon à réduire le risque de formation de caillots sanguins et d’AVC.
  9. On retire du corps les fils et le thoracoscope, et l’on referme toutes les incisions.
  10. Le patient demeure à l’Unité de soins intensifs en chirurgie cardiaque (USICC) pendant environ 24 heures.
  11. Après ce délai, le patient est transféré dans une chambre de soins ordinaires. La durée moyenne du séjour à l’hôpital à la suite d’une ablation par thoracoscopie varie de 4 à 7 jours.

Directives aux patients

En général, les patients poursuivent leur traitement médicamenteux normalement, comme avant l’intervention. La plupart d’entre eux reçoivent des anticoagulants pendant quelque temps après l’opération pour prévenir la formation de caillots sanguins. Certains patients reçoivent aussi un nouvel antiarythmique.

Les patients font l’objet d’un monitorage Holter de 48 heures à 2 reprises durant l’année qui suit l’ablation, puis 1 fois par année par la suite. Ce monitorage vise à éviter une récidive de la fibrillation auriculaire.

Renseignements supplémentaires

Généralement, les patients peuvent reprendre leurs activités normales 2 semaines après l’ablation par thoracoscopie.