Chirurgie valvulaire

(Aussi appelée « réparation valvulaire » ou « remplacement valvulaire »)

Objet

Plusieurs maladies ou troubles sont à l’origine de lésions à une ou à plusieurs valvules cardiaques – les petits « clapets » qui régulent le débit sanguin entre les différentes cavités du cœur : les cardiopathies congénitales, la coronaropathie, l’hypertension artérielle, la cardiomyopathie ou une crise cardiaque. On qualifie ces lésions de valvulopathies.

S’il n’y a pas moyen de maîtriser les symptômes de la valvulopathie à l’aide de médicaments, une intervention chirurgicale peut être nécessaire pour réparer ou remplacer une valvule défectueuse de façon à prévenir des lésions aux autres parties du cœur (insuffisance cardiaque). Dans la mesure du possible, la réparation valvulaire est préférable au remplacement valvulaire, car une valvule réparée est plus solide qu’une valvule de remplacement.

Dans les remplacements valvulaires, on utilise deux types de valvules : des prothèses mécaniques ou des prothèses biologiques. Les prothèses mécaniques sont entièrement constituées de pièces artificielles, bien tolérées par l’organisme. Quant aux prothèses biologiques (aussi appelées « bioprothèses valvulaires ou valvules tissulaires »), elles sont composées de tissus d’origine humaine ou animale. Certaines valvules comportent des pièces artificielles visant à soutenir la bioprothèse ou à en faciliter la pose. Avant l’intervention, le chirurgien discute avec le patient des avantages et des inconvénients des différents types de valvules.

Le remplacement valvulaire aortique percutané est un traitement non chirurgical mis au point récemment qui vise à remplacer la valvule aortique chez certains patients.

Description

Avant l’intervention, on effectue des analyses sanguines, une électrocardiographie et une radiographie thoracique à l’hôpital.

  1. Un médecin demande au patient de signer le formulaire de consentement éclairé, faute de quoi l’intervention ne peut avoir lieu.
  2. Le patient est emmené sur civière à la salle d’opération cardiaque.
  3. Le patient subit une anesthésie générale et demeure ainsi inconscient durant l’intervention.
  4. Le chirurgien pratique une incision au niveau du thorax du patient puis procède à la découpe du sternum pour accéder au cœur.
  5. Les vaisseaux sanguins du cœur sont reliés à un appareil de circulation extracorporelle, aussi appelé « cœur-poumon artificiel », lequel pompe le sang dans l’organisme du patient pendant l’opération.
  6. Une fois l’appareil en marche, on interrompt temporairement les battements du cœur.
  7. Dans la réparation valvulaire, le chirurgien prélève la partie défectueuse de la valvule puis remodèle les tissus restants en utilisant, si nécessaire, des tissus prélevés sur d’autres régions du corps pour rapiécer la valvule subsistante.
  8. Dans le replacement valvulaire, le chirurgien retire la valvule défectueuse puis la remplace par une prothèse biologique (d’origine humaine ou animale) ou mécanique. La nouvelle valvule est fixée en place à l’aide de points de suture.
  9. L’application d’une petite impulsion électrique permet de redémarrer le cœur. L’appareil de circulation extracorporelle est débranché et on referme toutes les incisions.
  10. Le patient demeure à l’Unité de soins intensifs en chirurgie cardiaque (USICC) pendant environ 24 heures, parfois plus longtemps si nécessaire.
  11. Lorsque son état le permet (habituellement au bout de 1 ou 2 jours), le patient est transféré dans une chambre de soins ordinaires. La durée moyenne du séjour à l’hôpital à la suite d’une intervention de chirurgie valvulaire varie de 5 à 7 jours.

Directives aux patients

Les patients doivent apporter à l’hôpital tous les médicaments qu’ils prennent (y compris les médicaments en vente libre et les suppléments).

Les patients doivent s’abstenir de boire et de manger à compter de minuit la veille de l’intervention.

Renseignements supplémentaires

Avant le départ de l’hôpital, le patient et sa famille assisteront à un cours afin de recevoir des directives concernant les soins postopératoires. On leur remettra également le Guide du patient sur les interventions chirurgicales, lequel contient des renseignements sur l’opération que le patient vient de subir. De plus, un membre du personnel infirmier passera en revue la liste de tous les médicaments que le patient devra prendre après son congé.

Les patients qui ont reçu une prothèse mécanique doivent prendre des anticoagulants pour le reste de leur vie afin de prévenir la formation de caillots sanguins.

Quant aux patients qui ont reçu une prothèse biologique, ils doivent savoir que celle-ci pourrait devoir être remplacée au bout de 10 à 15 ans.

Les patients qui ont subi un remplacement valvulaire courent un risque accru d’infection de la valvule et des tissus environnants appelée « endocardite ». Par conséquent, il est possible qu’ils doivent prendre un antibiotique avant une intervention chirurgicale ou dentaire.